Les compléments alimentaires : Sont-ils vraiment sans danger?

Qui n'a jamais pris de la levure de bière pour faire pousser ses cheveux ou avoir des ongles plus forts ou encore des pilules pour préparer sa peau au soleil?
Ces plantes médicinales ont particulièrement le vent en poupe en ce moment, si bien que des millions de français (près de la moitié de la population française) se tournent de plus en plus vers la phytothérapie pour se soigner, mais cette médecine "naturelle" est-t-elle vraiment sans danger? Aussi efficace?
Quels sont les risques en cas de mauvaise utilisation, ou quand ceux-ci sont achetés à l'étranger?


Normalement, si l'on fait attention à ce qu'on mange et qu'on veille à avoir une alimentation équilibrée, nous ne souffrons pas de carence et nous n'avons, par conséquent, aucunement besoin de prendre des compléments alimentaires.

Cette préférence pour les plantes
De plus en plus de personnes se tournent vers les plantes plutôt que les médicaments car c'est plus naturel. Il y a également une méfiance envers les laboratoires pharmaceutiques, l'industrie du business etc, et la chimie en général qui effraie.
Or, certains médicaments se contentent de copier la nature. De plus, cela coûte moins cher que l'extraction elle-même. Ainsi, la plupart de nos médicaments contiennent des plantes.
Faut-il pour autant bannir les médicaments? 
En utilisant des plantes, on s'expose à des dangers. Disponibles en supermarché ou sur internet, ces différents traitements de phytothérapie peuvent mettre la santé des consommateurs en danger, ceux-ci étant livrés à eux-mêmes (risques de diarrhée, d'hépatite, de maladie rénale...).
Une plante, c'est plusieurs milliers de molécules actives. Il est donc impossible de savoir précisément ce que contient une plante.
Peut-on vraiment faire confiance à la nature pour se soigner? 
Certaines plantes sont tellement puissantes qu'elles sont utilisées pour le traitement du cancer, c'est dire.
Avec tous les progrès scientifiques, ces plantes appelées "remèdes de grand-mère" sont-ils à l'heure actuelle encore efficaces? 
Bien sûr, une plante bien dosée pourrait être une alternative aux médicaments de synthèse mais il n'y a aucune preuve scientifique de cela. Cela repose essentiellement sur un usage répété. 
En clair, Ces plantes contiennent des actifs très puissants qui ne sont pas toujours simples à manipuler. 
Naturel ne veut pas dire SANS DANGER!
De plus, les plantes ne sont pas remboursées.

Les compléments alimentaires : Un poison? 
Ils peuvent devenir un poison en cas de mauvaise utilisation (exemple des produits diurétiques notamment; on peut aller à l'hôpital si on en consomme régulièrement, être déshydraté avec des troubles cardiaques). 
En effet, l'abus de compléments alimentaires peut avoir de graves conséquences sur la santé : Au-delà de 3 médicaments pris simultanément, il y a des risques d'interaction. Il pourrait y avoir des effets indésirables. Cela peut altérer l'état de santé, accélérer la vitesse de formation des calculs rénaux par exemple et, finalement, produire l'effet inverse de celui souhaité.
Ceci concerne 4% des appels dans les centres anti-poison. 

Les compléments alimentaires et la législation : Un statut alimentaire et non médicinale
Mal utilisées, les plantes peuvent faire des ravages. Pourtant, on en trouve à chaque coin de rue, notamment sous la forme de compléments alimentaires ou d'huiles essentielles. Entre Internet et les supermarchés, il n'a jamais été aussi simple de se procurer des produits de phytothérapie.
Ainsi, avec la législation actuelle, il est désormais possible de se procurer du millepertuis en parapharmacie, et même en supermarché, sous forme de compléments alimentaires.
Or, le millepertuis a de nombreuses contre-indications. Il diminue l'efficacité de traitements médicamenteux, notamment la pilule contraceptive. 
Contrairement aux tisanes, ils ne sont pas assimilés à des médicaments et sont donc en vente libre. Inutile alors d'espérer le moindre conseil fiable.
Le mieux reste de se fournir auprès de professionnels de la santé, aller à la pharmacie et consulter son médecin généraliste. Il y a, en effet, des éléments à prendre en compte : y-a-t-il un traitement associé? l'âge du patient et son état physiologique. 
Cependant, ces professionnels chargés de les dispenser sont-ils suffisamment formés?
S'agissant des pharmaciens, seules 30h sont consacrées à la phytothérapie sur l'ensemble de leur cursus. 
Difficile donc d'obtenir un conseil adapté en pharmacie.
Par ailleurs, les médecins formés à la phytothérapie n'ont pas le droit de le mentionner sur leur plaque. Les herboristes, eux, n'ont pas le droit d'apporter de conseils.

Ce qui est assez incroyable, c'est que les compléments alimentaires soient considérés comme des aliments, et non pas comme des médicaments, même quand ils cachent des plantes médicinales. À la différence du médicament, il n'y a pas d'obligation de contrôle du complément alimentaire :  on ne sait donc pas si c'est la bonne plante, si ça contient une quantité de principes actifs correcte.
Ces produits ne sont donc pas contraints d'afficher l'ensemble de leurs effets secondaires.
La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) effectue seulement un contrôle formel de la composition d'un produit en vérifiant s'il est conforme aux listes issues d'une réglementation européenne. Ils appliquent des textes tout simplement.
Selon l'agence du médicament, ça devrait être des médicaments. Mais les compléments alimentaires ne sont pas sous leur règlementation même s'ils contiennent des plantes médicinales.

Les plantes médicinales refleurissent donc dans les compléments alimentaires pour le pire.
Bien utilisés, ça a pourtant peut-être un rôle thérapeutique à jouer. 
Il y a des indications sur les boîtes. Depuis peu, il y a des précautions d'emploi. Sur les étiquetages, on doit mentionner toutes les infos nécessaires à la bonne consommation en toute sécurité (tous les textes réglementaires le disent). 

Les personnes qui souhaitent consommer des compléments alimentaires et qui n'y connaissent rien ont intérêt à demander un avis, au moins la première fois.
L'âge limite pour les compléments alimentaires est de 3 ans.
Il existe des compléments alimentaires qu'on peut prendre sans risque de surdosage, il s'agit du zinc et de la vitamine C. Pour le reste, il vaut mieux agir avec précaution car ça peut s'avérer, au mieux inefficace, au pire, dangereux. Un bilan sanguin préalable est fortement recommandé.
Pourquoi prendre un complément si on n'en a pas forcément besoin? 

*Source : France 5

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